La souris Rose contre Grisemin


La souris Rose contre Grisemin

Un soir qu’elle rentrait chez elle, la souris Rose remarqua un étrange phénomène. Une partie d’un parc était entièrement grise, alors que l’autre stagnait dans son vert profond habituel. Soupçonnant un effet visuel, elle ne s’y attarda pas davantage et sortit les lourdes courses du coffre de sa voiture.

Le lendemain, elle se leva un peu surprise de trouver sa couverture et tout ce qui l’entourait, gris souris. Elle se rendit dans sa salle de bain et prit une douche pour essayer de chasser cette grisaille qui semblait s’emparer de ce qui l’entourait. Mais lorsqu’elle fut bien réveillée, elle s’aperçut que tout était réellement gris autour d’elle.

souris grisemin 2Elle ouvrit ses volets désespérément gris, soupira et risqua un œil au dehors. La grisaille avait clairement envahi toute la ville. Elle fut alors certaine qu’il ne s’agissait pas d’une illusion d’optique. Elle rentra dans sa chambre, se vêtit chaudement et sortit enquêter sur cet étrange phénomène.
Les personnes au teint terne qu’elle
croisait manifestaient un tel désespoir qu’ils paraissaient grisâtres. Leurs têtes baissées indiquaient que cela leur tapait aussi sur l’humeur et la rue s’enlisait dans la morosité. La souris Rose se promena dans divers secteurs de la cité, mais partout, elle ne croisa que la fadeur grise. Cependant, elle entrevit un curieux personnage qui fredonnait gaiement dans un centre commercial déserté. Elle décida de suivre cet individu et le vit sortir une baguette et méthodiquement assener de petites touches sur les objets colorés. Ceux-ci perdirent immédiatement leurs couleurs et l’individu ricana avant de poursuivre la dégradation du centre commercial.

Il se prit les pieds dans un portant de vêtements et se retrouva emprisonné dans des habits chatoyants, se mit à éternuer et agita très vite sa baguette. Toutes les tenues perdirent aussitôt leur leur pigment.
La souris Rose laissa l’individu à son carnage et retourna chez elle. Comment allait-elle pouvoir rendre ses couleurs à la ville ?
Ne supportant plus ce gris, elle prit un peu de terreau et se l’appliqua sur le corps, récita la formule magique qui lui permettait de se parer de rose et retrouva son hâle charmeur. Elle laissa glisser un doigt sur la surface grise de son bureau et un trait d’un joli rose en barra la superficie.

La souris Rose réfléchit un moment et sut comment rendre sa dignité à la cité. Elle commanda plusieurs tonnes d’une certaine terre africaine et loua les services d’un hélicoptère.
Elle prit un sac rebondi et l’ouvrit, laissa s’échapper des poignées de terre et prononça la formule magique qu’elle tenait d’un éléphant. La terre se répandit au sol et
tout ce qu’elle touchait se teinta de rose soutenu.
Elle mit plusieurs jours à effectuer ses modifications, mais très vite la ville se para de bonheur.

La souris Rose se promena avec délice dans sa cité rose et revit l’individu gris qui, pris de quintes de toux ininterrompues, agitait en tous sens sa baguette, mais sans résultat. Alors il se glissa dans les égouts d’où il devait provenir.
La souris Rose se dit que l’on n’était certainement pas près de le revoir.

Facéties saison 1 ( 23 )


Facéties saison 1

épisode 23 :

Ce matin, en remontant une piste déconcertante, je me suis retrouvée, je ne sais comment, sur un promontoire rocheux qui embrassait les nuages. Bien sûr, ça manque d’oxygène, là-haut, mais quelle vue splendide ! En y regardant de plus près, à côté d’une crevasse, on voit une sorte de tunnel semblant remonter à un tertre couvert de pierres plates. Qui peut bien dormir dans un endroit pareil ?
C’est vraiment drôle, quand j’y repense.

Les plumes de l’année 9


Les plumes de l’année 9

Les plumes de l’année se déroulent chez Asphodèle.

Les mots en i :

illusion – irréfragable – ivresse – infatigable – impasse – immersion – image – indicible – interstice – imbécile – itou – inhumer – inconstant – indigestion – imaginaire – irréfléchi.

Moi, moi, moi

Me voilà face à une impasse due à l’ivresse qui me consume, en songeant à l’immersion dans ce jeu qui me plonge dans l’indicible interstice de la communication, qui bien qu’inconstante, me nourrit de fabuleuses images. Mon imaginaire réinvente de manière infatigable et irréfléchie les illusions qui s’insèrent au travers de mon cerveau déjanté. Ne me prenez cependant pas pour une imbécile, j’en aurais une indigestion. Mon moi itou, se met parfois à inhumer d’irréfragables lois qui ne concernent que lui. En bref, je suis un peu folle.

Les aventures du lézard du Midi 3


Les aventures du lézard du Midi

épisode 3 :

L’orage passé, il remercia son hôte qui lui avait expliqué qu’un ruisseau s’écoulait à proximité et que c’est là qu’il emmenait son troupeau s’abreuver.


C’est les moustaches en ébullition que Ramoli se précipita à la source. Dans une ravine, un cours d’eaux frémissantes descendait vers la vallée en contrebas de la montagne. Méfiant, il glissa le bout de sa queue dans l’eau et frissonna. Le liquide translucide glacé lui indiquait une direction. Il remonta donc le fil de l’eau jusqu’à une grotte juste au-delà de la petite chaumière où il s’était abrité de l’orage.
Au bout du tunnel naturel de glace son image flottait, réverbérée par les cristaux fondus par un filet de vapeur qui s’échappait d’une cheminée provenant de profondeurs insondables. Frigorifié mais curieux, il se laissa glisser le long de cette pente raide, dont l’air chaud freinait la chute. Il se retrouva rapidement en contact avec un sol de granit, mais son atterrissage fut amorti par un tas de neige fondue. Face à lui, dans un flou bleuté, se trouvait une porte à l’apparence de bois. Étrange endroit pour une porte, se dit-il. Poussé par la curiosité, il en tourna le bouton ciselé en une rose dorée. Sans savoir trop pourquoi, il passa le pas.

For intérieur Guillemette de Grissac


Un voyage dans des textes originaux.

http://www.forinterieur.com/

Des mots une histoire 44


Des mots une histoire 44

Des mots une histoire
Sur le thème de mots imposés d’Olivia Billington, création d’une histoire d’après :

réveil – calquer – mazarin – technique – tertre – châtaigne – douceur – cloaque – indifférence – cruellement – mère – tartine – pagode – virgule – hérisson – retour – laitue – exubérant – forêt – livre – vaporeux – immortels

La virgule

Une mère étalait du beurre mou sur la tartine de son enfant. Prise d’un ennui mortel, elle laissa son esprit vagabonder. Dans un nuage d’encens vaporeux, une virgule tentait de s’extraire d’une pagode bouddhiste, tandis qu’un hérisson s’agitait sur son oreiller de tendre laitue. La virgule finit par s’évader, sautilla jusqu’à l’orée d’une exubérante forêt où poussaient d’énormes châtaignes rondes. Elle vagabonda au hasard sur des sentiers insolites et découvrit une clairière où des immortels dansaient sous un éclat de nuit sombre. Dans l’indifférence générale, la virgule tourna la tête en douceur et se glissa dans la danse, pour calquer les immortels. Puis une fois sa technique au point, elle se hissa sur un tertre illuminé par un rayon de lune et esquissa un pas ou deux, puis s’élança…
Cruellement ramenée à la réalité par le réveil disposé sur le bureau mazarin, la mère mit un instant à se remettre du brusque retour de ce cloaque. Elle se dit qu’elle ne lirait plus jamais le livre d’Alice au pays des Merveilles à son fils.

Les aventures du lézard du Midi 2


Les aventures du lézard du Midi

épisode 2 :

Convoitise est un marché illustre d’un des mondes qu’a visité Ramoli, toujours au service du lézard du Midi.

Sur ce marché, il a découvert pas moins de trois sortes de bols insolites qui ont des capacités endémiques. Ignorant si leurs particularités peuvent fonctionner dans notre monde, Ramoli en a rapporté quelques échantillons. Je ne suis pas à même de vous fournir de plus amples informations pour le moment, mais j’ai ouï dire que l’un d’entre ces bols peut contenir n’importe quel liquide qu’il suffit de nommer, pour que le breuvage emplisse le contenant.

Mais comment le rat s’est-il débrouillé pour atteindre Convoitise ? Vous souvenez-vous qu’il s’était rendu au Népal il y a quelques mois ? Eh bien, c’est à cette occasion qu’il s’est lié d’amitié avec un autochtone. Au cours d’une soirée abondamment arrosée, il lui fit avouer ses secrets. C’est ainsi qu’il apprit l’existence d’une grotte d’où s’écoulait une eau vive extraordinaire provenant d’un autre univers. Il se rendit dans la région montagneuse désignée par son ami, mais ne trouva rien d’autre que des sommets enneigés et des tas de cailloux. Déconfit, il s’apprêtait à s’en retourner la queue basse, lorsqu’un brusque orage l’incita à trouver un abri au plus vite. Ni une ni deux, il retourna dans la cahute où il avait séjourné la veille et qui ne se trouvait pas très loin.

Des mots une histoire 43


Des mots une histoire 43

Des mots une histoire
Sur le thème de mots imposés d’Olivia Billington, création d’une histoire d’après :

triptyque – cheminée – essentiel – biscuit – circonvolution – abbatiale – licorne – porte – masque – destinataire – délicatesse – hybride – douce – guignolet – lécher – désemparé – suriner – châtaigne – vache – platane – dérapage

Le voyage 2

Par une fenêtre, l’un des cousins regardait au-dehors, tandis que son homonyme était parti se sustenter au restaurant du train. En passant par divers compartiments, il traversa un couloir qui jouxtait des wagons-lits. Assis à une table du wagon-restaurant, il demanda un guignolet qu’il sirota en attendant sa commande. L’autre cousin restait en admiration devant l’étrangeté de la trame de cette toile, dont les fils s’entrecoupaient de rails éclatants. A travers une trouée, il surprit des cygnes argentés s’ébattre sous une lune rousse. Plus loin, il fut étonné d’entrevoir d’autres percées dans la toile, dont une où des vaches vertes léchaient des prés bleus à l’ombre de platanes d’où pleuvaient des châtaignes roses. Chacune de ces brèches ouvrait sur un monde singulier. Plus loin, un couple de licornes hybrides caracolait sur une colline tout près d’une arche abbatiale. Tout un chacun savait où il montait, mais ignorait sa destination jusqu’au dernier moment. Parfois le train ralentissait et des usagers semblaient s’évaporer dans une exhalaison brumeuse, puis le train reprenait son allure enthousiaste. Certains cependant hésitaient et ne se risquaient pas tout de suite à s’éclipser, ils demeuraient en suspens un instant avant de réapparaître sur leur siège. D’autres encore restaient à bord parfois très longtemps. Les deux cousins craignaient par dessus tout d’être séparés définitivement. Sachant cela, ils s’étaient néanmoins embarqués dans cette aventure et ne le regrettaient pas. Détournant un instant son regard de la toile floue, le cousin vit un homme emmailloté dans une capeline d’un autre âge. De ce manteau ne dépassait que le bout de ses chaussures noires. Dissimulé sous un chapeau à large bord, un masque pâle, dont le nez appuyait l’aigu du visage, le fixait étrangement. Désemparé par ce coup d’œil surin, le cousin détourna rapidement les yeux. Au centre de la toile, une gare dont les portes s’évasaient en triptyques, se trouvait être une étape essentielle où le train déposait parfois quelques lettres et colis pour leurs destinataires. Puis faisant siffler ses cheminées, il repartait dans de nouvelles circonvolutions vers un autre embranchement de la toile. Parfois pressé, l’arrière train partait en dérapage, alors, avec délicatesse, la locomotive redressait son écart. Depuis quelques minutes, le cousin sentait une sorte de tiraillement, rien de précis, mais il ignora le phénomène et attendit que son homonyme revienne. Celui-ci apparût bientôt et lui tendit un énorme sandwich ainsi qu’un doux biscuit à la cannelle et une canette de bière. Le tiraillement se fit plus intense et son cousin lui annonça qu’il était arrivé juste à temps pour lui faire ses adieux. Une dernière accolade scella le destin des deux cousins.

Des mots une histoire 42


 Des mots une histoire 42

Des mots une histoire
Sur le thème de mots imposés d’Olivia Billington, création d’une histoire d’après :

dégustation – cousin – coussin – homonyme – accordéon – zinzolin – retour – partance – respirer – irradier – déracinement – fauve – voyage – partisan – ankylosé – araignée – vivre – résolution – forme – éclat – toile

Le voyage

Aujourd’hui, j’aimerais vous emmener en voyage. J’ai pris de grandes résolutions et toute ankylosée que je suis, j’ai envie de vous faire respirer d’autres horizons.

Sous les éclats d’une lune fauve, une drôle de locomotive entraînait ses wagons sur des rails en accordéon. Deux homonymes, sûrement cousins, étaient assis sur des coussins qui irradiaient leur douceur entre carmin et zinzolin. La forme du compartiment oscillait parfois, partisane d’un meilleur confort de ses occupants. Les deux cousins en partance pour un déracinement volontaire sans retour, se laissaient aller à la dégustation de mets délicats que leur proposait une hôtesse. Ils s’apprêtaient à vivre dans une nouvelle toile d’araignée, si loin de chez eux qu’ils redoutaient de ne pouvoir se souvenir de leur passé. Au-dehors, le ciel se dégageait et le décor était planté de nuances si variées qu’elles auraient dérouté n’importe qui.

Les aventures du lézard du Midi


Les aventures du lézard du Midi

épisode 1

Chamboulement climatique ou affabulation notoire ?
Comment savoir ce qui se trame au-dessus de nos têtes ?
Bon d’accord, j’arrête de vous démonter le moral. Vous voulez savoir si le lézard du Midi gagne suffisamment d’argent avec sa boutique aux Chimères ?

billes 2Il s’arrache de son lit moelleux pour soulever son rideau. Le soleil éclate à travers l’épaisse fenêtre. Il cligne des yeux pour s’habituer et se dirige vers sa porte. Il l’entrebâille et prend une grande inspiration. La chaleur réchauffe son humeur assoupie.
Une heure plus tard, il rejoint le rat de Mauritanie qui lui a déniché un monceau de trésors. Le lézard fait le tri parmi les différents objets, puis il remplit le comptoir de friandises. Le rat en subtilise un certain nombre avant de filer ranger les articles dans l’arrière-boutique.

rat mag 2En devanture, se trouve un empilement de billes. Elles pourraient paraître normales si elles n’émettaient pas un très léger sifflement. Leurs couleurs s’affichent en dégradés mouvants qui s’effacent dès que l’une d’elle cesse d’émettre son sifflement, puis les billes reprennent leur manège hypnotique aussitôt.

 

Anne de Louvain-la-Neuve

Une photo prise durant l'été 2016 au jardins des tarots de Niki de Saint Phalle

BODOBLOG

iD visuelle, écriture créative

A la lueur du lampadaire

This is the sea’s streetlamp... for reading and writting fictions !

monesille

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"Je suis un globe aérostatique qui flotte à quelques mètres du sol, dont la nacelle est encore rattachée à la terre par un cordage." Rosa MONTERO

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Mélodie d'une jeune citadine [dé]rangée

Récits urbains et solitaires sur fond musical

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dans un atelier d'étoffes, de fils et de partages.

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