Facéties saison 2 ( 39 )


Facéties saison 2

épisode 39

… Aussitôt que j’eus touché la clé, un étourdissement m’emporta et je perdis connaissance.

Dans mon lit, je m’éveillai, perdue, ne sachant plus où je me trouvais. Je repris vite mes esprits et regardai autour de moi, mon appartement parisien, ma valise faite, mon passeport en règle sur la table et mon billet de train sortit de mon sac à main. Je n’étais pas partie en fin de compte, j’avais rêvé tout ça, La Combe et les passages mystérieux, les gens étranges de ce petit bourg perdu… Pourtant, cela semblait si réel. Engourdie, je me levai, je portais mon pyjama rayé rose et blanc. Un renflement dans ma poche m’indiqua que j’y avais oublié un objet.

J’en sortis une clé toute simple en fer nu. Je ne me rappelais pas posséder une telle clé, mais mes préoccupations du moment étaient autres. Je posai la clé sur la table et ouvris mon sac, un prospectus en glissa au sol que je ramassai. Il s’agissait d’un prospectus vantant les paysages et les mystères de La Combe. Je me souvins d’avoir pris ce papier au comptoir de l’hôtel de La Combe. Je n’avais pourtant apparemment pas bougé de mon lit. J’examinai de plus près le prospectus et y trouvai un encart mentionnant la clé des songes. Ni une, ni deux, j’interrogeai internet sur ce phénomène. Peu de pages concernaient La Combe, mais j’en ouvris une qui me renseigna. Y était inscrite la manière d’utiliser une clé des songes. Je suivis les indications à l’aide de la clé de fer trouvée dans ma poche. Je me dirigeai vers la porte de ma chambre que je fermai à double tour, puis j’utilisai la mystérieuse clé, tournai et me retrouvai tout à coup dans ma chambre d’hôtel de La Combe. Satisfaite, je descendis à la salle à manger et commandai un petit déjeuner complet. Mes aventures allaient pouvoir commencer.

Des mots une histoire 83


Des mots une histoire 83

Des mots une histoire
Sur le thème de mots imposés d’Olivia Billington, création d’une histoire d’après des mots imposé.

Les mots récoltés pour Des mots, une histoire 83 sont : goût – oser – malheur – comprendre – provincial – verre – soutenir – avoir – bras – poser – surveiller – corail – partout – composé – emprise

Dialogue de sourdes

– « Aller aux bras d’un provincial risquerait de me poser quelques problèmes. »
– « Mais qu’est-ce qui te fait dire ça, Lucile ? »
– « Tu t’imagines toi, un verre à la main, indiquer à tes amis que tu sors avec un type qui vit dans le corail ? »
– « Faut voir. Si le mec est mignon… »
– « Jamais je n’oserais ! »
– « Et puis si j’ai bien compris, il est bien foutu. »
– « Oui, mais… »
– « Tu pourrais au moins essayer et l’appeler. Tu veux que je le fasse pour toi ? »
– « Non, mais ça va pas ! Tu pourrais un peu me soutenir, là ! »
– « C’est tout de même pas rien d’avoir posé pour une photo composée avec lui. »
– « Tu parles, il ne faisait que mater Lola et ses gros nichons. »
-« Que veux-tu, il en faut pour tous les goûts. »
– « Tu devrais le surveiller, si par malheur il tombait sous l’emprise des lolos de Lola… »
– « Ne dis donc pas de bêtises, il ne l’escortait pas partout après la séance. »
– « Qu’est-ce que je dois comprendre, Marie ? »
– « Je sais pas… Rien peut-être. Et puis, c’est quoi ce type qui vit sur du corail ? »

Facéties saison 2 ( 38 )


Facéties saison 2

épisode 38

Ce matin, je m’accroche à des lambeaux de réalité qui s’échappent malgré tous mes efforts pour les retenir. J’ai beau essayer de trouver un sens à ce qui m’entoure, rien n’est cohérent. Je flotte au centre d’une pièce informe, des sortes de meubles et d’ustensiles indéfinissables se percutent autour de moi comme des satellites autour d’une planète. Ma raison vacille, mais j’esquive les objets qui cherchent mon contact.
Puis mon briquet crache une dernière fois avant de me lâcher définitivement.
Je hurle de terreur !
Je suis seule dans le noir.
Dans la folie qui m’englobe, j’ouvre les yeux malgré moi sur l’endroit où je vais bien pouvoir me poser.
Et, là…
La panique qui m’avait submergée disparait, remplacée par un émerveillement profond. Loin de chercher à m’écraser, les accessoires qui m’entourent m’offrent un spectacle enchanteur. Partout des lueurs minuscules brodent un tissu polychrome arachnéen, où chaque goutte de lumière est une étoile qui brille de mille éclats. Les parois ne sont pas en reste, des cristaux de glace renvoient le tout en miroir, tels des joyaux exposés pour mon seul plaisir.


Au moment où je me demande comment me sortir de là, j’atterris en douceur sur un soyeux lit de feuilles mortes. Mes pasme portent jusqu’à une estrade, où sur une table de givre, se trouve un coffret ouvert. J’avance la main et effleure le tissu velouté sur lequel repose une clé d’argent. Je prends la clé et la glisse dans ma poche comme une voleuse…

Des mots une histoire 82


Des mots une histoire 82

Des mots une histoire
Sur le thème de mots imposés d’Olivia Billington, création d’une histoire d’après des mots imposé.

Les mots récoltés pour la 82ème édition de Des mots, une histoire sont : pièce – progresser – ricaner – dépenaillé – aller – hoqueter – affaires – doué – cygne – tournée – auparavant – supporter – frère – surface – chercheur – projectile

Tournée

Lors d’une tournée, des musiciens se croyant particulièrement doués, ondulaient en surface, tandis que leur public ricanait sous cape devant leur manque total de coordination. Les allers et retours sur la scène faisaient hoqueter les amplis au point qu’ils en étaient presque dépenaillés. Auparavant, leurs fans supportaient plutôt bien leurs projectiles sonores, mais à présent, leurs voix en arrivaient au chant du cygne. Deux frères, chercheurs en musicologie, s’étaient joint au groupe qui sillonnait la campagne. Parfois, ils composaient la musique de pièces de théâtre, afin de faire un peu fructifier leurs bourses, mais jamais aucune troupe ne les avaient rappelés, ce qui ne valait rien pour les affaires. Les musiciens décidèrent donc de faire progresser leur art et offrirent leurs œuvres sur les places de marché, au détriment des oreilles des villageois qui n’en attendaient pas tant.

Facéties saison 2 ( 37 )


Facéties saison 2

épisode 37

Ce matin, je déambule dans les rues escarpées du bourg encore endormi. L’air glacial m’englobe comme une chape de plomb. Tout semble statique sous cette brume étouffante. Je cherche à découvrir un passage vers le mystère de ce hameau, qui demeure inaccessible malgré mes investigations.

Puis un passage presque invisible s’ouvre soudain à moi. Dévoilé par un souffle léger, ce boyau étroit m’entraîne sur des pavés durs et verglacés. J’ai l’impression de marcher depuis des lustres et je ne sens plus le bout de mes doigts. Je les enfourne dans mes poches et continue ma progression. Plus j’avance, plus les ténèbres profondes m’avalent, au point que je ne parviens plus à détecter mes pieds givrés et je finis par perdre la notion du temps.
Je marche longuement, jusqu’au moment où je n’arrive plus à sentir la présence du mur humide sur ma gauche. Malgré mes doigts glacés, je réussis à allumer maladroitement mon vieux briquet. L’étincelle qui surgit brutalement du néant se répercute sur les parois d’une sorte de grotte aux formes irrégulières. D’après mes calculs, je dois avoir atteint le cœur de La Combe.

Des mots une histoire 81


Des mots une histoire 81

Des mots une histoire
Sur le thème de mots imposés d’Olivia Billington, création d’une histoire d’après des mots imposé.

La récolte des mots, nouvelle version, pour la 81ème édition de Des mots, une histoire, a donné ceci :
pensée – visiter – vieille – trois – désigner – simple – eau – beau – connaître – miasmes – gorge – entendre – loisir – cuisinière – moment – être (verbe) – effusions – dernier – se rendre

La maison abandonnée

Se rendre au dernier séminaire des cuisinières amatrices s’avéra être un véritable parcours du combattant. Tout d’abord, je dus patienter une éternité parmi les vacanciers sur le retour. Puis, l’extravagance d’une pluie diluvienne m’obligea à m’arrêter un moment. J’en profitai pour visiter une vieille demeure abandonnée dont la gorge profondément ouverte donnait sur trois étages endommagés. Partout, des miasmes nauséabonds me donnaient à entendre une pensée inquiétante. J’imaginai la maison au temps de sa splendeur, au beau milieu de son magnifique jardin, aujourd’hui en friche, que je j’imaginai en voyant les reste du tableau accroché dans l’ancien salon au-dessus d’une cheminée délabrée. J’aurais aimé connaître la demeure de son vivant, mais le simple constat de sa fin proche me chagrina.
En dépit des eaux torrentielles qui s’abattaient autour de moi, je quittai la maison à regret. Je ne vous dis pas le drôle de loisir que je m’étais offert.
Lorsque j’y repensai, en arrivant enfin au gymnase où se déroulait le concours culinaire, je me mis à trembler de tous mes membres. J’arrivais trop tard pour participer, le lauréat avait déjà été désigné, mais je m’en moquais. J’étais heureuse de participer aux effusions de joie qui effacèrent les derniers souvenirs de la maison hantée.

Une couronne pour Noël


Syl de Thé, lectures et macarons, nous propose une activité manuelle pour Noël.

http://sylectures.wordpress.com/2012/11/12/une-couronne-pour-noel-deuxieme-etape-les-sujets/

Facéties saison 2 ( 36 )


Facéties saison 2

épisode 36

 

Ce matin, je vais vous plonger dans un univers que je trouve fort étrange. Dans un petit hameau coincé entre deux montagnes, que l’on nomme La Combe, des neiges précoces chargent en trombes incessantes.

Ce bourg est accueillant l’été, mais l’hiver glacial et très peu d’habitants y demeurent à l’année. Juché à une altitude élevée, La Combe conserve un secret enfoui au fond de sa mémoire de pierre. Autrefois isolé, il est désormais accessible par voie aérienne et un héliport flambant neuf l’équipe, pour le bonheur de ses habitants qui se refusent à le déserter, le froid venu. Toutefois, lors des monstrueuses tempêtes qui règnent en maîtresses absolues à ces hauteurs, La Combe retrouve son isolement tenace. Il avait été en effet prévu de creuser une route jusqu’au hameau, mais l’idée fut très vite abandonnée, à cause de circonstances mystérieuses qui retardèrent tant le projet que le le coût des travaux devint vite exorbitant. Mais ne nous attardons pas sur ces détails, les jours raccourcissent et j’ai décidé de passer la période hivernale au bourg silencieux. J’espère ainsi découvrir quelques uns des secrets que renferme La Combe.

 

 

Des mots une histoire 80


Des mots une histoire 80

Des mots une histoire
Sur le thème de mots imposés d’Olivia Billington, création d’une histoire d’après des mots imposé.

La récolte de Des mots, une histoire 80 nous offre ceci : apnée – admiration – tournoi – vérification – pardonner – mentir – circuit – chaussures – canular – susceptible – emménager – satiné – banquise – cape – scintiller – pavé

Sur la banquise

Sur la banquise irradiée de soleil, un circuit improvisé avait rapidement été dessiné par ses amis et lui, organisateurs du tournoi qui devait démarrer dans quelques heures et rien n’était prêt, comme d’habitude. Ici pas de voitures, juste des traîneaux tirés par de robustes chiens. Les chaussures allaient battre la surface glacée et satinée. Il venait d’emménager dans cette contrée reculée, où le froid ne pardonnait pas. Il effectua une dernière vérification avant de rejoindre son équipe. La neige scintillait, l’aveuglait et il arriva presque en apnée, tant il s’était pressé. Lorsqu’il regarda au loin, il tomba en admiration devant cette blancheur immaculée. Puis il s’aperçut que quelque chose clochait. Ses amis auraient dû l’attendre, pourtant il était persuadé d’être au point de rendez-vous. S’était-il perdu malgré son attention de tous les moments ? Il vit que non sur son GPS. Il se trouvait bien au bon endroit, mais personne n’était en vue. Il se trouvait seul au milieu de nulle part et ne disposait d’aucun moyen de transport, ses amis étant partis avec. Si un ours passait par là, il le boulotterait certainement pour son petit déjeuner et son fusil était resté sous sa cape dans le traîneau.
Il passa une heure à grelotter et même s’il n’était pas susceptible, il commençait à douter de la réalité de sa situation, peut-être que quelqu’un voulait le voir disparaître.
Enfin, au loin, le bruit d’un moteur rugit. Il finissait par se dire qu’il s’agissait d’un canular quand Paul arriva, la gueule enfarinée et pavé de bonnes intentions. Sans mentir, il lui avoua l’avoir tout simplement oublié.

LES PLUMES, thème n°1 : le mot CORTÈGE


LES PLUMES, thème n°1

LES PLUMES, thème n°1 : le mot CORTÈGE

Nous avons donc : funèbre – larme – ribambelle – cheminement – fleur – manifester – foule – costumes – rose (couleur ou fleur) – atmosphère – succession – carnaval – piquer – bleuté – attelage – embaumer – ancolie – cérémonie – tête – défiler – abattre – admirable – acclamation.

Le défilé

Une ribambelle de gamins turbulents suivait la succession d’attelages faisant partie de cette cérémonie. Il ne s’agissait pas d’un carnaval en costumes bariolés, ni d’un funèbre cortège. Non, ils défilaient en l’honneur d’un grand couturier défunt. L’hommage avait attiré une foule hétéroclite. L’atmosphère chaleureuse qui y régnait n’avait rien à voir avec les austères mascarades où l’on croisait les habituels nantis piqués des louanges. Le cheminement se déroulait dans un décor bleuté, où de magnifiques fleurs embaumaient sur les chars. Avec leurs élégantes têtes rose ou mauve, les ancolies répondaient aux superbes tenues des mannequins. Sous les acclamations, le char de tête vira à droite et se mit à abattre des larmes de cotillons. Cette admirable procession dura toute la matinée, tandis que ne cessait de se manifester l’enthousiasme des gens. Puis le cortège arriva enfin à destination et l’on déposa les gerbes multicolores.

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