L’histoire de la puce et du colosse 2

L’histoire de la puce et du colosse 2

 

La puce s’ennuyait dans sa demeure, elle demanda au colosse de sortir faire un tour. Pour lui faire plaisir, le colosse organisa une randonnée en forêt.
La journée était chaude, mais la terre humide de rosée imprégnait l’air d’effluves de bruyère.

puce et colosse 2

Les fougères chatouillaient les chevilles du colosse, changeaient des impulsions végétales en ébauches de motifs qui amusaient la puce. La journée se déroula dans l’allégresse et le soir venu, ils se reposèrent au pied d’un chêne séculaire. Ses feuilles emplissaient la clairière de leur présence apaisante. Le colosse alluma un faible feu pour réchauffer la puce, il constitua un matelas de feuillage et d’herbe tendre.

Le lendemain, ils se réveillèrent entourés de lapins, de moineaux et de faons curieux, mais au premier mouvement du colosse, ils s’égaillèrent en émettant des cris affolés. Après un petit déjeuner copieux, la puce et le colosse s’en allèrent vagabonder au gré des sentiers sinueux et des découvertes insolites. La rumeur d’un ruisseau les invita à un bain rafraîchissant, un buisson de mûres, à une dégustation fastueuse. Barbouillés de jus, ils établirent leur deuxième campement auprès du ruisseau.
La puce se réveilla transie, ce matin-là. Elle rassembla quelques brindilles et les posa sur les braises rougeoyantes pour ranimer le feu. Elle souffla dessus en frissonnant, elle ne voulait pas tirer du sommeil le colosse fatigué. Elle alla ensuite tirer de l’eau fraîche au ruisseau pour son thé et faillit être emportée par un remous.

Le cœur battant, elle rejoignit le campement et éternua un grand coup. Impassible, le colosse n’émit pas l’ombre d’un mouvement. En fait, il ronflait bruyamment et n’avait sans doute même pas entendu la puce. Celle-ci se réchauffa petit à petit, sa tasse brûlante à la main. Le soleil commençait tout juste à monter au-dessus de l’horizon quand le colosse émergea de sa léthargie.
Plus tard, la hauteur de l’astre du jour poussa les deux amis à lever le camp un peu à regret. Ils marchèrent en direction de l’est, suivant l’instinct du colosse, une bonne partie de la journée. Ils n’auraient pas dû. Le soir approchait et ils s’étaient égarés en pleine nature, sans chemin pour se repérer, sans rien à se mettre sous la dent.
Le colosse aménagea comme il put un abri contre la pluie qui menaçait dans le ciel couvert. La puce, très inquiète, ne pipait mot et attendait, tandis que son estomac gargouillait. Elle se montra patiente, mais fatiguée, elle finit par s’endormir. Le colosse chercha vainement de quoi se sustenter et veilla toute la nuit.

Le lendemain, il tenta de se repérer, mais sans y parvenir. Il prit donc le parti de marcher en ligne droite, toujours dans la même direction. Peine perdue, ils étaient bel et bien dans une situation désespérée. La puce commençait à s’énerver et invectivait le pauvre colosse.
Cela faisait trois jours que la puce et le colosse erraient dans la forêt, sans une chaumière à l’horizon, personne, pas âme qui vive à des centaines de kilomètres. La puce se sentait perdue, malgré la présence protectrice de son colosse et le soleil restait caché. Elle était terrorisée et réagissait en tarabustant le colosse.
Après une longue période de pérégrinations, la puce, à cran, eut envie de sucreries et elle invectiva le colosse. Déjà accablé, il commençait à ne plus supporter cette petite enquiquineuse, mais répondit gentiment qu’il faisait de son mieux.
Ils firent une pause pour se délasser, quand le colosse découvrit un petit pot, qu’il faillit écraser. C’était un petit pot de marmelade à peine entamé, qui gouttait sur le sol mouillé.
La puce sauta à terre pour se baigner avec enthousiasme dans la confiture. Le colosse se demanda ce que faisait là, un pot de marmelade. Il espérait que la puce ne s’empoisonnerait pas, en ingurgitant cette mixture.
Mais il était trop tard, de toute façon, la puce avait déjà avalé de grandes quantités du nectar. Les pattes collantes, elle retourna se jucher sur son perchoir, laissant au passage des petites souillures gluantes. Elle se léchait encore les babines, lorsque apparut un ours agressif.


Grondant de sa voix caverneuse, il s’approcha, la griffe menaçante, debout sur ses pattes arrière.
Le colosse, aussi grand que l’animal, esquissa juste un petit pas en arrière, l’air plus intrigué qu’affolé. Quand à la puce, on n’en perçut plus que les frissons de terreur. Derrière l’ours, majestueusement dressé, se tenait un peu en retrait un ourson en train de se lamenter pour sa marmelade gâchée.
Toujours aussi calme, le colosse expliqua à l’ours qu’ils s’étaient égarés durant leur randonnée et qu’ils étaient affamés.
L’ours, soupçonneux, leur demanda d’où ils venaient.
La puce jeta un regard apeuré à l’ours et d’une toute petite voix, dit qu’ils arrivaient du village de Doss, situé dans la campagne avoisinante. La bourgade de Doss était réputée dans tout le pays pour son miel parfumé à la framboise ou à la mûre.
Soudain intéressé, l’ours se fit plus aimable et convia la puce et le colosse à venir se restaurer dans son antre ou plutôt, il grogna quelque chose qui pouvait passer pour une invitation.
L’ours entraîna la puce et le colosse dans sa caverne.
L’ourson, peu habitué à des visiteurs, renifla ses invités sous toutes les coutures et lécha les pattes pleines de marmelade de la pauvre puce, qui n’en menait pas large et n’osa protester. L’ours proposa un brunch au colosse en lui présentant, du bout du museau, un morceau de cerf encore sanguinolent et quelques fraises sauvages.
Le lendemain, l’ours et son petit menèrent la puce et le colosse à travers arbres et racines, qu’ils flairaient au passage, jusqu’à l’orée de la forêt, où ils se séparèrent. Le colosse promit à l’ours de lui ramener, près de la souche creuse, plein de miel juteux.
L’ours retourna dans sa résidence d’été en grognant qu’il était fatigant de se faire des amis, même sympathiques.

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