L’extravagante aventure du Maravaudeur


L’extravagante aventure du Maravaudeur

Le Maravaudeur est un personnage très peu fréquentable. Il peste et rumine toute la journée contre tous ceux qu’il croise. C’est un être qu’il vaut mieux éviter si l’on ne veut pas passer un sale quart d’heure.
Tourefois, il lui est arrivé une bien étrange aventure qui a fait disparaître son mauvais caractère et l’a réduit à une simple légende.
Un beau matin, alors qu’il ne remarquait même pas les rayons du soleil qui illuminaient le voisinage, le Maravaudeur s’en allait pestant, comme à son habitude, chercher son journal. Malheureusement, ce jour là, le kiosque en question était fermé. Jurant de plus belle et houspillant les passants, le voilà qui se rendit à la boutique de la rue suivante. Là, il tomba nez-à-nez avec une petite fille riant aux éclats devant sa sombre mine. Rouge pivoine devant ce joyeux minois, le Maravaudeur s’en remit à sa plus hideuse grimace et la gamine de se rouler par terre, hilare. Décidément, cette matinée commençait fort mal pour notre empêcheur de tourner rond. Finalement soulagé par la mère de la gosse, il s’en retourna déjeuner, son petit papier porteur de mauvaises nouvelles en poche, non sans avoir copieusement agoni la pauvre maman de ses pires quolibets. Apeurée, la pauvrette avait protégé les oreilles de sa morveuse en reculant devant son assaut triomphant.
La semaine durant, il dut se rendre dans la librairie, en espérant ne jamais plus revoir la gamine. Malheureusement pour lui, le huitième jour, il se retrouva face à la petite, qui le montrait du doigt à sa mère en baragouinant. Terrifiée, la femme s’empressa de payer et de quitter la boutique au plus vite. Ce ne fut pas le cas de sa fille qui le guettait avec un sourire engageant. Visiblement, elle attendait qu’il entre. Le Marauvaudeur se mit à bougonner et la fillette applaudit à ce qu’elle prenait visiblement pour une pitrerie. La mère tremblait, mais n’osa intervenir.
Déboussolé, il fit demi tour et n’obtint pas son compte de mauvaises nouvelles pour la journée.
Trois jours plus tard, le Marauvaudeur se leva en nage, il avait fait de terribles cauchemars. Il se leva néanmoins et se rendit à son kiosque favori qui venait enfin de rouvrir. Mais ni la pluie qui tombait dru ni le journal ne parvinrent pas à le stimuler et c’est morose qu’il entama sa journée.
Plus le temps passait, plus il se sentait mal, sans savoir pourquoi.
Il se rendit chez son thérapeute qui ne parvint pas à lui redonner son mordant habituel.
Il sombrait, lui le grand Marauvaudeur ne parvenait même plus à effrayer les pigeons.
C’est dans un état lamentable qu’il se contraignit à retourner à la librairie et à affronter le regard joyeux de la petite fille.
Étonné par ses grand yeux candides, il l’observa jouer avec un cerf-volant en forme de papillon rose qui frôlait le sol sans vraiment décoller. Puis le papillon se coinça entre deux poteaux alors que la gamine ne parvenait pas à le dégager.
Pris de pitié, le Marauvaudeur alla libérer le cerf-volant et adressa un timide sourire à la petite fille. Elle lui prit doucement la main et c’est sans doute à ce moment que le Marauvaudeur cessa d’exister, pour laisser la place à un homme sympathique.
Il ne faut jamais sous estimer le pouvoir d’un sourire.

Le conte de Noël de la souris Rose


Le conte de Noël de la souris Rose

La souris Rose avait du mal à dormir ces derniers temps, avec ce qu’elle venait de vivre à Convoitise.

Mais ce soir, elle songeait au cadeau que lui avait fait le lézard du Midi. Il lui avait apporté en avance ses étrennes et l’avait aidée à fixer sur l’arbre les magnifiques étoiles de cristal, ainsi que les améthystes. Les astres s’orientaient obligeamment afin de mieux scintiller et les améthystes, dont le cœur pulsait régulièrement, émettaient des lueurs mouvantes. Les guirlandes d’argent qui cernaient le sapin étaient si fines que leur parure semblait faire partie de l’arbre. Le sourire qui dessinait les lèvres de la souris Rose, s’estompa lorsque son sommeil s’approfondit.
Sur ses genoux, la rose dans son bocal observait sa maîtresse qui venait de s’assoupir. A quoi rêvait-elle ?

Le sourire qui dessinait les lèvres de la souris Rose s’estompa lorsque son sommeil s’approfondit.
Elle se retrouva flottant dans un nuage rose, jusqu’à un jardin merveilleux où poussaient toutes sortes de fleurs odorantes.

De subtils flocons de neige rose se déposaient sans bruit sur le sol de gazon tendre. Des lutins affairés butinaient les cœurs jaunes vifs et déposaient leur trésor sur un tapis de soie pourpre, disposé sur une longue table d’ébène. Les petits êtres vêtus de satin bleu et d’un chapeau blanc, volaient d’une violette à l’autre ou d’un arbuste à un bosquet fleuri. Autour de minuscules pots, des fées s’activaient afin d’harmoniser les arômes de l’onctueux nectar. Puis, lorsqu’un pot était rempli, l’une des fées l’emportait à tire d’aile vers la maison des Charmes, où des mages l’enchanteraient. Le miel magique ainsi obtenu serait convoyé à dos de dragon uniquement, sinon il serait gâté, vers le royaume des fées. La maison des Charmes était un endroit où seul les mages et les sages pouvaient entrer. Pourtant, la souris Rose réussit à s’y faufiler.
Elle découvrit un immense hall d’entrée, au nombre incalculable de portes. Ne sachant laquelle choisir, elle s’engouffra à la suite d’un mage pressé qui ne la remarqua pas. Puis, elle émergea d’un long couloir et se retrouva dans une petite pièce, où des bonbons multicolores en sustentions dans un gros bocal, attirèrent son regard.

Mais ce qui accapara son attention, ce furent les énormes rubis aux lueurs frémissantes, qui tintaient légèrement. Elle s’en approcha discrètement et s’empara d’une dizaine d’entre eux. Ils représenteraient un somptueux présent pour le lézard du Midi qui trouverait sans nul doute le moyen de s’en procurer d’autres. Dans son empressement, elle en fit tomber un qui résonna dans toute la maison. Elle se recroquevilla sous une petite table et attendit. Lorsque le chant du rubis cessa, une cohorte de mages fit irruption dans la salle, où ils constatèrent le larcin. Sans voir la souris Rose, un des mages ramassa le rubis et le replaça sur la soie douce, où il se lova voluptueusement.
– « Il en manque dix ! »
– « Trouvons l’intrus, il n’aura pas eu le temps de s’éloigner. »
– « Je vais chercher le flaire-tout. Commencez à fouiller. »
Sous sa table, la souris n’en menait pas large et frissonnait d’angoisse. Mais ce qu’elle ignorait, c’est que l’on ne la faisait pas à des magiciens et qu’ ils savaient parfaitement où elle se terrait. S’ils permettaient de temps en temps à quelqu’un de chaparder un de leurs trésors, c’était en connaissance de cause. Les précieux objets que rapportaient chez eux les voleurs se vendaient si bien qu’ils viendraient rapidement en réclamer d’autres, alors les mages les leur vendraient au prix fort.C’était une manière comme une autre de se faire un peu de publicité, tout en préservant leurs secrets.
Au bout d’interminables minutes, la souris Rose risqua un œil hors de la pièce et s’enfuit avec son butin. S’en remettant à sa chance insolente, elle rejoignit la porte bleue qui la ramènerait en sécurité à Midland.

En rêve, la souris revit le miroitement des rubis et sourit à nouveau.
La souris Rose entendit un bruit et souleva une paupière. Elle aperçut une ombre rose se faufiler dans sa cheminée. Elle se précipita et vit son feu reprendre joyeusement ses grésillements. Elle regarda alors sous le sapin, de nouveaux paquets occupaient tout un côté de l’arbre.
Sur le toit, le Père-Noël râlait contre la Mère-Noël parce qu’elle avait passé son costume au lave-linge, plutôt que de le laver à la main et il avait déteint. Non mais, si quelqu’un le voyait !
La souris Rose se précipita vers la fenêtre, mais avec la neige qui tombait, impossible de voir quoi que ce soit. Elle reposa sa rose sur le guéridon, puis ferma ses volets. Elle n’avait plus qu’à attendre le lendemain pour la fête.
Le repas était prêt et les odeurs des plats enrobaient l’atmosphère de parfums enivrants. Ses invités arrivèrent enfin et ils purent commencer à festoyer.

Après un repas fort chargé, tous digéraient en attendant minuit et l’ouverture d’un de leurs cadeaux. Paraffine était vautré dans un ample fauteuil près de la cheminée, à proximité le lézard se pelotonnait dans une couverture moelleuse, une tasse de chocolat brûlante serrée dans les mains. La puce suçait son pouce sur l’énorme épaule du colosse, lui même assis sur un épais tas de coussins. Pompelune et son apprenti discutaient de leur prochaine lune sur le canapé rembourré du salon. La souris Rose apporta les cafés sur un joli plateau d’argent, qu’elle posa sur la table basse quand Minuit sonna. Tous se précipitèrent dans une joyeuse bousculade vers les paquets, si bien qu’ils dérangèrent les décorations accrochées au sapin. Les éclats de rire ponctuaient les exclamations enthousiastes à chaque trésor dévoilé. Puis, épuisés par toutes ces émotions, ils se rendirent tranquillement dans les chambres d’amis qu’avait préparé pour eux la souris Rose. Ils allaient pouvoir rêver des présents qu’ils découvriraient au matin.

Anne de Louvain-la-Neuve

Une photo prise durant l'été 2016 au jardins des tarots de Niki de Saint Phalle

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