Investigations en Morgodanie

Investigations en Morgodanie

Ce matin, je vais rester de marbre et observer les allées et venues des passants devant la terrasse du café de l’hôtel des Cinq Ombrelles.
La souris Rose étant partie en Corse pour se faire bronzer, je n’ai pas de sujet à croquer. Toutefois, j’ai pris la clé des champs et me suis rendue dans l’un de mes lieux préférés : a Morgodanie.
C’est un tout petit état perdu sur une île englobant plusieurs pays qui se querellent ce maigre bout de terrain.
L’an dernier, lors d’un sommet sur la paix, un accord fut trouvé et depuis l’île vit dans un calme relatif. Le tourisme s’y est développé pour le plus grand plaisir des communautés qui vivaient jusque là principalement des produits de la mer.
On raconte qu’autrefois un grand peuple s’était épanoui sur les îlots de l’immense atoll, mais qu’un fléau aurait dévasté le territoire ne laissant que cette minuscule île, où les gens qui avaient survécu au cataclysme se seraient massés en des groupes restreints sans se mélanger. Devenant des populations autonomes, elles commencèrent à se faire la guerre pour conquérir le plus de terrain possible.
Désormais, les peuples étaient sous la protection des pays riverains. Peut-être la menace d’un expropriation avait-il eu le pas sur la raison, toujours est-il qu’un cessez- le-feu était en vigueur sur l’île.
Puis les touriste et leur argent avaient débarqués, apportant la manne nécessaire à la survie des populations. Ainsi, je pouvais à présent siroter mon thé parfumé en toute quiétude.
Je pense que l’hôtel des Cinq Ombrelles disposait du meilleur point de vue de l’île, il surplombait la baie et le vent du large apportait directement les embruns rafraîchissants. Quelques centaines de pas me séparaient de la plage de sable blanc. En cette saison, peu de monde côtoyait l’île, et je l’avais presque pour moi toute seule.
Ce que je ne savais pas c’est qu’une tribu de faucheurs arpentait l’île.
Un autre pensionnaire un peu éméché me raconta que de petits êtres invisibles volaient les objets les plus hétéroclites, sans se soucier de leur valeur. Un jour qu’il sirotait tranquillement un panaché sur la terrasse, des bijoux avaient disparu. L’hôtelier était bien embêté et avait rapidement fait taire l’affaire, pour ne pas affoler ses riches clients. Il s’était également empressé de rembourser l’infortunée victime et lui avait offert gracieusement la suite la plus luxueuse pour terminer son séjour dans de meilleures conditions. L’homme lui souffla également que pas plus tard qu’hier, son briquet préféré avait disparu alors qu’il venait tout juste de le poser sur la table. L’haleine fortement imbibée du type démentait ses belles histoires, mais un peu d’exotisme n’était pas pour me déplaire. J’entrepris donc une discrète enquête pour savoir ce qu’il en était réellement de ces fameux petits voleurs.
Laissant l’oreille traîner à droite et à gauche, j’entendis chuchoter deux femmes de chambres qui disaient qu’un groupe de kikékois auraient visité une des grandes réserves. Tiens, tiens…

Je me lève plein de mystère entre les oreilles. Je prends mon petit déjeuner dans ma chambre et descends faire une promenade sur la longue plage de sable blanc et fin qui jouxte l’hôtel.
Je ne croise personne de si bonne heure, mais j’esquisse un plan dans mon cerveau encore légèrement embrumé. Je vais jouer les touristes benêts et laisser traîner un objet sur ma table de terrasse au déjeuner et au dîner, pour voir s’il disparaît.

kikekoi 2Je vais faire semblant de lire un journal ou bien un livre et rester sur le qui-vive, au cas où je percevrais un mouvement autour de moi.
Certaine du bon fondement et de l’efficacité de mon plan, je m’assieds à une table isolée et commande un jus de fruit tout en posant mes lunettes de soleil dans un coin ombragé. Puis, j’attends qu’elles disparaissent en feuilletant un magazine.
Mais au bout de deux heures, rien ne s’est passé et aucun voleur n’a eu l’audace de prendre mes lunettes. Déçu, je vais prendre un bain de soleil mérité en songeant que les kikékois ne sont peut-être rien de plus qu’un piège à touristes.

J’interromps mon reportage sur la Morgodanie, pour vous faire part d’une nouvelle inquiétante : la souris Rose a disparu !

Elle séjournait en Corse, où elle flânait d’une plage à l’autre, puis un soir, elle n’est pas rentrée à son hôtel alors qu’elle avait réservé pour trois jours. Des recherches ont été entreprises, mais sans résultat. Voilà cinq jours qu’elle n’a plus donné signe de vie. Il faut dire que ses fans la poursuivaient pour la photographier et elle ne savait plus où aller pour leur échapper. On l’aurait vue monter à bord d’un monumental yacht, mais à son arrivée au port, elle ne se trouvait pas à bord. Des investigations ont été lancées pour la retrouver. Je vous tiendrai informés des progrès de l’enquête dès que j’aurai des informations.

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